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Marcel Jean (1900- 1993)

Né en 1900 à La Charité-sur-Loire, Marcel Jean est un artiste français, membre du groupe surréaliste formé à Paris autour d'André Breton.

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Alors qu’il vit à New York au début des années 1920, ce jeune diplômé de l’École des Arts Décoratifs de Paris se tient au courant des mouvements d’avant-garde et souscrit à La Révolution Surréaliste. On peut supposer que peu de curieux recevaient à l’époque cette publication à New York. La rencontre avec le groupe est d’ailleurs tout sauf fortuite, puisque, de retour à Paris en 1932, Marcel Jean rejoint l’AEAR (Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires) dans le but de rencontrer les surréalistes, qui avaient promis d’en peupler la section littéraire. L’opération est un succès et dès les premières réunions au café de la place Blanche, André Breton lui témoigne sa sympathie et l’encourage à montrer ses œuvres.

 

Ses dessins de cette période sont de superbes encres, foisonnant de détails rocambolesques et d’associations étonnantes. Ces compositions sont emblématiques des recherches surréalistes sur la représentation de l’inconscient, du rêve, du souvenir et du présage.

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Parallèlement à cette intense activité graphique, Marcel Jean explore et innove.

À la fin de l’année 1934, il fait la rencontre décisive d’Oscar Dominguez. Le tonitruant canarien devient l’un de ses plus proches amis. C’est chez Jean que Dominguez met au point les décalcomanies. 

Pour Breton, c’est une découverte majeure et la première expérience d’un automatisme absolu en peinture. Les amis surréalistes (André Breton, Jacqueline Lamba, Yves Tanguy, Georges Hugnet) défilent à l’atelier de Marcel Jean pour expérimenter les décalcomanies.

Toutefois seuls Jean et Dominguez poursuivent leurs expériences et fabriquent des pochoirs, avec lesquels ils créent des « décalcomanies à interprétation préméditée » et font apparaître sur leurs décalcomanies lions (fig. Oscar Dominguez, Lion), fenêtres ou gramophones.

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En mai 1936, Marcel Jean se fait remarquer lors de l’exposition surréaliste d’objets à la galerie Ratton avec son objet Spectre du Gardénia. Ce buste féminin aux yeux en fermetures-éclairs fut exposé au MoMA la même année lors de la première exposition institutionnelle dédiée au surréalisme (avant d’être acheté définitivement en 1968). 

 

Après un exil en Hongrie de 1938 à 1945, où il survit au terrible siège de Budapest, Marcel Jean rentre à Paris et rejoint les rescapés du groupe surréaliste. Il se tourne alors vers l'écriture et publie des essais sur les sources et les écrits du surréalisme. En 1959 paraît Histoire de la Peinture SurréalisteCet ouvrage de référence dans l’étude du mouvement, l’installe comme un historien et théoricien du mouvement. S’il est toujours très actif, peignant, gravant, dessinant sans cesse, son travail plastique aussi, laisse apparaître une vision rétrospective de son œuvre. Jean s’amuse alors à redessiner sur des œuvres académiques de jeunesse, créant des transparences picabiennes. Il continue à chercher de nouveaux procédés automatiques, comme le flottage, qui « consiste à faire « flotter » sur l’eau des couleurs à l’huile diluées dans l’essence et à recueillir sur toile ou papier les traces et les formes ainsi créées», présenté en 1956.

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En 1975, il publie le Profil de Mémoire, luxueux coffret réunissant 36 gravures et eaux-fortes anciennes (1935 – 1942). Ces gravures, sublimement incisées et d’une grande inventivité, laissent voir le plaisir qu’il éprouvait à cette pratique.
Alors que le siècle se termine, les acteurs du premier surréalisme ont presque tous disparu. Le temps des hommages est donc venu pour Jean, qui réalise pour la Monnaie de Paris des médailles à l’effigie d’Arp, Duchamp, Dominguez. En 1990, il publie Grisou, un album de décalcomanie-pochoirs réalisées avec Dominguez dans les années 1930, projet interrompu en 1936 par la guerre civile espagnole, parachevant enfin la destinée de cette invention surréaliste majeure.

 

Ainsi, Marcel Jean, peintre du rêve et de la mémoire en est devenu le gardien, s’assurant de la postérité du mouvement auquel il fut fidèle malgré la rupture avec Breton, malgré les disparitions successives de ses protagonistes. Après avoir passé la seconde partie de sa carrière à révéler les traces de pas de ses amis, Marcel Jean semble avoir soigneusement caché les siennes, dans les abîmes d’un paysage rocheux ou dans les cheveux d’un profil sans visage.

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(de gauche à droite) E.L.T. Mesens, Roland Penrose, André Breton et Marcel Jean, à l’Exposition Internationale du Surréalisme à Londres, 1936, courtesy Succession Marcel Jean

Œuvres

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Marcel Jean, les traces de pas, Galerie Boquet 

Publications

Marcel Jean. Les traces de pas

Livret publié à l’occasion de l’exposition Marcel Jean. Les traces de pas, organisée à la Galerie Boquet

Textes de Jules Boquet.

ed. Galerie Boquet, 2025
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Galerie Boquet
20, rue Visconti
75006 Paris

Mercredi - Samedi (14h - 19h)
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